La transition numérique : un effet de mode ?

17
Mai

Le temps a beau être l’ami des relations sociales, on ne se fera probablement jamais à l’idée de voir, autour de nous, des entrepreneurs placer « la transformation numérique » au même rang qu’un pin’s parlant. Lorsque 47% de chefs d’entreprise considèrent qu’elle n’est qu’un « effet de mode », il faut comprendre que ce qui est répété depuis de nombreuses années n’est ni entendu, ni compris. Si l’évidence n’a jamais été une passion commune alors quelles sont les raisons qui poussent certains à rejeter l’inévitable ?

Faute avant tout à ceux qui entreprennent par vocation, par transmission et qui oublient que la transformation numérique ne se résume pas à la création d’une Page Facebook. Lorsque 62% des patrons ne voient « ni un frein ni une opportunité », faut-il encore rappeler que cette mutation parle aussi bien du consommateur que de la concurrence, de ce qui se fait autant que de ce qui pourrait se passer.

Faute à ce « délit de favoritisme » qui offre aux jeunes pousses le gain de la lumière et souvent de l’investissement public et privé. L’emballement médiatique s’occupera du reste. Après tout, que vaut un acronyme très franco-français comme PME face à un terme aussi universel que celui de start-up ? Quand bien même les premières brûleront du cash avant, peut-être, de se cramer les ailes, force sera toujours donné à celui qui montre plutôt qu’à celui qui fait. Même si, comme Maxime Pillot et Thomas Hedley le soulignaient récemment :

« Contrairement aux idées reçues, le domaine industriel contribue … autant que le domaine de l’information et de la communication. En 2014, le premier secteur voit naître 26 150 créations sur une dynamique de +4,8% quand le second est en baisse de 1,4% pour un nombre de créations sensiblement égal. »

Faute à ces community managers, mués en techniciens égarés de la toile et qui oublient qu’ils ont aussi une mission commerciale. Les formations dédiées au web doivent être musclées sur des impératifs stratégiques au-delà des réseaux. On ne pourra pas éternellement baser sa volonté d’accompagner sur les études de cas d’Oasis ou de Dior.

Faute à ces responsables qui ne voient dans le conflit générationnel qu’une exagération passagère. Nous ne travaillerons plus jamais comme avant. Il ne s’agit pas d’une revendication de la commission « Tongs & Paréo » de Nuit Debout mais d’un fait ! La transformation numérique parle donc surtout de management, de transparence et de responsabilité à offrir.

Faute à l’excuse des moyens que tout le monde pourra brandir pour ne jamais rien faire. Avons-nous au moins pris le temps de se poser la question de ce qui constitue notre business et de ce qui pourrait l’atteindre dans 3 ou 10 ans ?

Faute aux jeunes diplômés de la communication et à leurs prétentions. Combien d’entre eux ne croiseront jamais la route d’une PME ? Combien ne prennent pas le temps de s’intéresser aux mutations économiques, sociales et ne comprennent pas que l’usage l’emporte sur tout le reste ? Le manque d’expérience ne peut excuser le manque de curiosité.

Faute à nous, communicants, de ne pas être assez au contact. Si nous ne pouvons plus ignorer que 50% des TPE (57% dans le BTP) sont en « souffrance numérique », il faudra donc continuer d’expliquer que la transformation numérique reste un enjeu économique vital. Et comme le rappel Joël de Rosnay.

 « Au-delà d’un changement de méthodes ou d’outils, il s’agit d’un changement de culture radical »

 

Etude IPSOS / Le Figaro / CESI → http://bit.ly/23PzU0K




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