L’Observatoire International des Prisons s’indigne et s’affiche

Après avoir comparé les locataires de l’administration pénitentiaire à des « chiens », l’Observatoire International des Prisons, soutenu par l’Agence H, a récemment signé une nouvelle campagne d’appel aux dons par voie d’affichage. Reprenant l’allégorie de la table des Droits de l’Homme et du Citoyen peinte par Jean Jacques le Barbier, elle vient l’appliquer à un univers carcéral où le silence semble faire un premier droit et le « ferme ta gueule » un second, si ce n’est le dernier. 

Si l’OIP n’use jamais des codes lacrymales de l’humanitaire, elle n’atteint pas moins ce degré d’attention seul susceptible d’impacter l’opinion. Moins agressive que l’année passée, cette campagne peu relayée pour les raisons que l’on sait, réussie à porter une voix dans une image pourtant muette. Au delà de l’urgence soulignée, elle dresse un curieux parallèle avec la campagne nationale de recrutement des surveillants pénitentiaires du ministère de la justice, où l’exagération de la mise en avant du facteur humain suffirait presque à faire comprendre qu’il n’en est rien de l’autre côté des miradors. 

Loi d’airain pour l’ancien Garde des Sceaux Robert Badinter [ou comment la hiérarchisation des souffrances reconnaît la victime et méprise le condamné], cet appel aux dons de l’OIP remet aussi dans la balance la question des conditions carcérales, de ceux qui les vivent et de leurs droits. Une affiche à la virulence subtile, qui bien que sans mots, aurait pu se résumer à ces derniers :

Indignez vous!. Les mots du carton éditorial de l’hiver. Ceux du dernier livre d’un Stéphane Hessel….artisan pionnier de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme. 

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