Chutttt du disque

A l’heure où le MIDEM a clos ses portes, que faut il retenir de ce grand show de l’industrie musicale ? Quelles sont les enseignements et les perspectives de ce secteur d’activité ?

Chuter
Si en 2009 le roi de la pop avait  artificiellement gonflé les ventes, point de glorieuses stars qui trépassent cette année pour sauver la filière du disque. Avec 554,4 millions d’euros générés, le marché chute donc de 6% et entre dans sa huitième année consécutive de déprime.


Pirater
HADOPi, morale, Frédéric Mitterand, carte musique jeune, sanctions, menaces et même René la taupe, rien n’y fait!. 1 internaute sur 2 continue de se servir allègrement ici et là en téléchargeant illégalement. Si le peer to peer semble en régression (42%), le piratage semble s’être délocalisé vers le streaming puisque 64% des internautes semble privilégier cette pratique. Quant au site megaupload il fait, parait – il, un tabac.


Ecouter
« Notre métier est simple : il s’agit de prendre des risques pour exposer des talents. L’exposition de la musique dans les médias participe à réduire ce risque ». Ainsi Denis Ladegaillerie, président du Snep, parle t’il. Et si l’industrie du disque dit prendre des « risques », elle dénonce surtout la frilosité des médias (tv, radios) qui auraient carrément zappés le mot diversité de leurs grilles des programmes. Sur les 100 premières diffusions radios seulement 11 nouveaux talents mis à l’écoute. Du côté des chaines musicales, une baisse de l’ordre de 10% à 50% des clips musicaux. Problème ces médias sont, de très loin, les plus privilégiés pour découvrir de nouveaux sons. Radio en tête.


Montrer
Fédérés au sein du Prodiss, les organisateurs de concerts réclament, à leur tour, une rallonge fiscale via la mise en place d’un crédit d’impôt. Une demande légitimée par la baisse des recettes des droits d’auteur issues du spectacle vivant (- 3,8%). Un contexte de crise qui à fait multiplier les prix des places par 2,5 à 3, sans pour autant garantir une rentabilité saine à l’égard des salles et des tournées anonymes.  


Dégrader
Le « NRvant musique award de plomb » revenant comme chaque année, ou presque, à Pascal Nègre. Un pdg d’Universal qui, non content d’investir ses deniers dans des machines à laver, s’est trouvé une nouvelle tâche. Salir les millions d’auditeurs de Deezer à propos desquels il déclare : « Le modèle du gratuit pose un problème. Je pense qu’il faut le restreindre, je pense qu’il faut le dégrader, et le dégrader cela veut dire qu’il faut beaucoup plus de pub qu’aujourd’hui, je pense qu’il faut peut-être réfléchir sur limiter le nombre de fois où vous pouvez écouter la même chanson. Quand on voit des gens qui écoutent 35 fois la même chanson, vous vous dites à un moment donné que le gars, il faut qu’il aille acheter le titre ».

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