Déformer

L’anamorphose dont la science théorique est d’âge respectable, n’a plus besoin de définition pour se faire comprendre. Si Julian Beever est probablement l’artiste moderne ayant le plus popularisé la technique avec ses pastels sur les trottoirs, il faut reconnaître que la technique ne quitte jamais la sphère artistique.

Pourtant en découvrant le projet d’anamorphose réalisé au sein du Chelsea College d’Art et Design, on pourrait presque s’imaginer pouvoir dupliquer cet art de l’illusion dans notre quotidien de souterrains et d’aéroports. Car quand bien  même l’orientation au sein d’un lieu doit pouvoir se soumettre à une constance graphique, le pictogramme serait selon certain spécialiste sujet à l’interprétation des individus. Et donc propre à exclure. 

Même si dans une société qui dématérialise massivement, l’anamorphose n’a vocation a ne se substituer à rien. Déconstruire des usages pour réinventer des parcours n’est probablement pas plus illusoire que le train du futur et sa gare mobileCar si l’art ne possède que des parts d’illusions, l’habitude ne rétrocède souvent aucune forme de réflexion particulière. Y semer des anamorphoses et déformer les lignes, lui offrirait au moins une perspective réjouissante.

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