Work blues. Doit on quitter son job?

« Je veux quitter ma boite ». Voilà ce qu’en substance un tiers des employés veulent bien avouer aujourd’hui. Selon une étude du cabinet en ressources humaines Mercer, l’envie d’abandonner trombones et post-it aurait grimpée de 57% depuis 2007. Et même si la peur de perdre son job est naturellement accentuée par l’effet crise (+ 12 points à 65%), la satisfaction au travail prend aussi chère. Avec une baisse de 15%, le taux de plaisir au boulot valse de 72% à 57% en à peine 5 ans. 
 
 
 

 
 

Rationalisation du travail, contraction financière internationale, réorganisation. Si les facteurs d’analyses ne se trompent pas, l’environnement direct, la fracture générationnelle et managériale irriguent probablement d’avantage ce désenchantement généralisé. 

Mise en lumière par l’étude Mercer, la « perte d’autonomie » constatée par les employés dit tout le bien d’un mode de fonctionnement étriqué et pyramidal. Sans précédent à l’échelle d’un pays,  le nombre de salariés qui estiment « tirer plein parti de leurs capacités dans leur rôle » passe ainsi de 85% à 72% (- 15%). La « flexibilité nécessaire à l’accomplissement des tâches » perd 26 %, soit autant que le « sentiment d’accomplissement au travail » (- 21%). 

Avec la génération casse couille des 20 – 35 ans au pouvoir, l’intérêt du job s’est même doublé de l’envie d’en avoir d’avantage. En effet, pour ceux qui n’ont connu les 30 Glorieuses que dans les yeux de leurs aînés, les avantages sociaux (Retraite, santé, prévoyance…) restent des éléments déterminants dans leurs choix de carrière.  Subissant une perte de 2 points sur ce sujet de crispation, la compétitivité des entreprises est mise à mal. 

A défaut de réactions, certaines directions pourraient bien devoir renouveler plus souvent les trombinoscopes internes. Car dans ce tableau franchement noirci, si certaines entreprises prennent la mesure d’un « sentiment de déclassification », il est à craindre qu’une part non négligeable ne perçoivent leur pérennité économique et autre turn-over, qu’à l’aune des courbes du chômage. 

Dans un monde de réputations et d’images, l’absence de remise en cause n’est plus un facteur abstrait. On ne s’étonnera guère, dès lors, de la montée en puissance des sites de notations des entreprises. Prêt à jouer leur rôle à part entière, les employés ont pourtant prévenu. 53 % d’entre eux sont « tout à fait prêts à aller au-delà des exigences de leur fonction pour aider leur entreprise à réussir »

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