BOXSONS aime…..Aube L

Il faudra alors se précipiter au chevet de Thom York et le rassurer sur l’héritage. D’une voix cryogénisée presque intemporelle. Androgyne, femme, caverneuse, Aube L extirpe du royaume des « King of the Limbs » un 5 ème album, « I am », qui débarque comme le 13 ème invité d’une table de bonne famille. Buvez reine mère c’est du chocking.

Certes au rythme où elle s’impose, la musique d’Aube demande une certaine forme de volonté. Maintenant que les punks se sont décolorés la crinière et que les gothiques roulent au make up, il est vrai que l’on ne sait plus combien l’art à la gueule d’une exigence. Pourtant en ces temps de rigueur où les alternatives ne semblent plus être que des paradis artificiels, c’est à cette peine mes Frères qu’il faut s’en remettre. Sainte Marie marre de Dieu, « It’s time to change » comme le chante si bien Aube L. De reprendre un peu de souffle et de cette intro à la « Kid A ». Marchons ensemble qu’une scène épurée abreuve nos illusions. Battez-vous à un rythme cardiaque puisque vous le savez bien… »We never Walk alone ». 

Un peu plus d’Aube au jour le jour c’est donc bien la certitude que le soleil finira bien par s’épuiser. D’album en album, Aube L raconte des tonnes de larmes et des kilos de désespoir, qu’une vie sur la scène sait pourtant venir trancher. Car derrière les 12 titres de « I am », c’est la transpiration acquise qui s’écoule. Alors buvez mélancolique. Fermez les yeux, « Kiss me » vous emballe et « I Am » vous récupère. Groggy par tant d’amertume vous ne serez même plus surpris d’apprendre qu’Aube a rendu son âme à la musique dès l’âge de 13 ans. Brûlez le violon, car seul la courbe, l’image, le costume, la pixellisation des âmes et le mélange des genres savent faire les musiciens. 
A ce rythme-là la musique se promet-elle des lendemains qui chantent ? Qu’importe si nous conservons au moins les prémices de quelque chose. Un bout, un commencement, une amorce. Une Aube.
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