Google + est il un échec ?


On aura beau désormais le nier, l’arrivée de Google + cet été s’annonçait bien comme la promesse d’un monde meilleur. Dans un univers mondialisé pour la forme et polarisé dans les faits, Facebook mangerait enfin de la concurrence à tous les repas. Encouragé par une poignée d’influenceurs et les requêtes incessantes de Gmail, Google + s’est même offert le luxe d’exploser tous les compteurs. Avec plus de 25 millions d’inscrits en à peine 6 mois, les premiers buzz ont vite fini par pousser les derniers réfractaires que cette fois – ci il fallait en être. Articulé autour de « cercles » garantissant un tri sélectif de ses contacts, une interface dépouillée de toute sollicitation commerciale et la promesse d’un respect de la vie privée, un a priori favorable à longtemps entouré le dernier né des réseaux sociaux. Mature dans son approche et dans sa conception, Google + peine pourtant aujourd’hui à convaincre. Le lancement très récent de Pages Entreprises Google + n’y a rien fait. Si la croissance reste soutenue, c’est bien l’activité quotidienne qui fait la gueule. Avec 87% de comptes inactifs, Google + ressemble de plus en plus à une coquille vide. 


Chronophage, Google + n’a pas encore supporté la comparaison avec le leader. Car quand bien même il est subtil de nous expliquer que le réseau social de la firme de Mountain Valley n’a rien à voir avec celui de Mark Zuckerberg, la dualité reste pourtant évidente. Ainsi, au delà de la question des publications doublons, la migration de ses contacts d’un réseau à l’autre est encore plus forte. Ecrire quoi ? A l’intention de qui ? 

Miné par le vrai – faux débat du respect de la vie privée que Facebook s’est fait une joie de lui refiler, Google + semble paradoxalement coupé du reste de la toile. Peu ludique, voir austère, il tourne presque le dos aux fondamentaux d’un réseau social qui oblige à susciter la curiosité, l’adhésion, le refus et le débat. L’absence d’activité sur sa « timeline » renforce cet étrange sentiment de solitude. 

Bien trop masculin (63% d’hommes, 37% de femmes) et élitiste (2 utilisateurs sur 3 gagnent entre 30 000 et 150 000 dollars), Google + laisse sur le carreau une masse d’internautes que Facebook sait parfaitement faire vivre ensemble dans des univers parfaitement hermétiques. 

D’excellente notoriété comme Twitter mais ne s’offrant à la toile qu’en pâle copie du numéro un, Google + n’a pas encore compris que le concurrent de Facebook ne verra peut être jamais le jour. Si les réseaux sociaux n’en sont qu’aux balbutiements, leur avenir repose avant tout sur une plus value quasi communautariste. Les réseaux professionnels (Viadeo, Linkedin) et de rencontres (Badoo) en sont la meilleure des preuves. 

Avec son moteur de recherche qui a passé l’expression « Googeliser » dans le langage courant, la force de frappe de l’entreprise de Larry Page reste pourtant évidente. Si pour les marques et les aventuriers de l’e reputation la combinaison peut être intéressante, il faudra à Google dépasser sa capacité à n’être qu’une entreprise de techniciens. Car à force de chercher des relais de croissance dans des secteurs d’activités mal maîtrisés, Google s’éloigne dangereusement de son coeur de métier. Pour lequel notre frénésie de données et d’outils de précisions, n’a pourtant ici aucune limite. 
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