PlayList 2011

Dévasté par un tsunami nucléaire, le temps ne nous suffira plus pour maquiller la chambre 2806 de l’année 2011. A défaut d’en apercevoir franchement le crime, on voudra surtout se rappeler que même les groom service au chevet des autocraties ont bien du sentir le souffle du printemps leur souffler dans la nuque. Et c’est encore une fois la multiplication des réseaux, plus forte que la multiplication des pains, qui a eu raison de cette année qui s’écoule. Avec leur connerie d’internet, des tonnes d’illusions déchirées comme des emballages de paquets de noël ont laissés place à des trésors fragiles. BOXSONS leur a attribué une playlist. Une bande de sons pour eux tout seul. Pour qu’ils puissent prolonger l’effervescence aux côtés des Ogres. Sentir le souffle rauque d’une Aube et le désir moite d’Heather Nova. Qu’ils épousent la mélancolie de Sealight et qu’au bout du bout, ils goûtent au Bon Iver mérité.






Les Ogres de Barback

Constituée d’un tissus musculaire familiale, de nerfs à vifs et de sang chaud, cette Barback là a de la tendresse. Poussée par un douzième homme, elle et toute la fratrie Burguière réunie, nous ont offert une année loin des plateaux – télé – repas des Hôtels Sofitel. C’était une grande tablée où la victime était éviscérée au milieu d’un public chauffé à blanc, par de jolis mots bleus et à poings. « Comment je suis devenu voyageur » à donc réglée son sort à tous ceux qui organisent des barbecues sur la mort des armes. Savamment rock, souvent roots et savoureux à souhait, la vie des Ogres de Barback va donc bouffer sa dix huitième année comme toutes les autres. Charcutiers traiteurs de la rage collective, servez vous !



Bon Iver

Alpagué par le côté absurde de la force, on aurait voulu voir Bon Iver que comme une pub de yaourt à boire. Il faut avouer que sans porter de respect à la musique, « Hollocene » pourrait bien se faire racheter le clip et se faire tamponner le bas de page d’un logo, 100% bifidus. Tout en ralentit exagéré, la musique de Justin Vernon et des ses potes frappe pourtant d’évidence aux portes du 7 ème art. Certain ne s’y sont pas trompés. Avec un timbre de voix collé aux antipodes de tout ceux que l’homme est capable de produire comme son, on est content que l’acteur principal est largué Emma en 2008. Avec ce troisième volet de la saga, on se frotte aux balbutiements de quelque chose d’autres. De quelque chose de bon et qui reste encore à scénariser.  

 

 

Heather Nova

Nous aurions pu passer cette année à chialer poliment, sans se douter qu’Heather Nova avait détrempée les bacs avec ses petits pas de sirène. Et si certains estiment que poussière tu redeviendras poussière, grand bien leur fasse. Heather Nova n’a jamais eu besoin d’une résurrection post apocalyptique pour transformer les années écoulées à ne plus trop l’entendre. Avec sa pop qui flotte et son flow fragile, la bermudéenne à simplement dynamitée les gondoles qui devait la placer au milieu des autres. Balancée au milieu de l’été, « everything change » n’a sans doute fragilisé que ceux qui admettent que les larmes sont autres choses qu’un simple fluide biologique. Salées, salées, elles ont surtout le goût du grand large.   
 

Aube Lalvée

Lorsque le jour se relèvera d’une année de plus, Aube Lalvée sera probablement présidente. Elle aura déjà ordonnée que les gens marchent ensemble dans une chorégraphie à vous faire suinter le Front. Au mélange des sons et des genres, la patrie soudain reconnaissante. D’un panthéon à un marathon de concerts, il n’y aura plus qu’un pas à faire pour la communauté. Brisant les peines capitales des condamnés à la soupe lyophilisée, Aube viendra distribuer son « I am » comme on distribue les bonnes paroles. Transformant de préhistoriques courses aux signatures à perdre haleine, en chasse à l’autographe. Courrez, courrez impétrants « It’s time to change » !



 

Sealight

A des heures de grandes écoutes, on a marché sur de la lune pour y planter des drapeaux en étoiles. Même que l’homme s’est mis à y faire des bonds pour que l’on puisse ne jamais vraiment croire à tout cela. A des heures de grandes écoutes, on a marché sur des murs. Des bouts d’ongles opiniâtres pour faire des trous dans le béton. Quand bien même, il faut reconnaître que personne n’avait jamais marché sur des nuages. Sealight s’est donc envolé un soir d’octobre 2011 planter des ambiances au beau milieu de l’atmosphère. Avec ses « lettres mortes », le combo franco australien laissera des traces dans nos inconscients. Dans les pas des pas de leurs pairs d’une pop psychédélique et liquoreuse, Sandra, David et Marc n’ont pas eu besoin d’étendard pour s’habiller. Leur musique dépouillée s’amuse constamment à flotter. Insolente et inatteignable. Comme un nuage baladé par le vent. 



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