Guerre des sexes sur les réseaux


Comme il y eu des John Gray venu nous causer du cosmos et des sexes, il faudra désormais transposer la différenciation sexuelle à l’ère des réseaux sociaux. Avec des hommes natifs de Foursquare et des femmes qui trouvent leurs origines dans Facebook, l’évolution des médias sociaux aurait donc un impact marqué sur les sexes. 



Selon Helen Nowicka de Porter Novelli, qui présentait récemment cette étude au Social Media Week de Londres, la distinction se schématiserait essentiellement entre interaction et opinion. Bien que leur présence en ligne soit aussi importante, les femmes fréquenteraient davantage les réseaux sociaux que les hommes, puisque 65% d’entre elles y accéderaient au moins une fois par semaine, contre 51% de ces messieurs. Lecture de messages ou commentaire de photos, pour 93% de ces dames le renforcement des liens pré – existants (amis, famille) représenterait l’essentiel de l’activité sociale sur internet. Si les hommes agissent, dans une moindre mesure, de la même manière, ils seraient surtout plus enclins à mettre à jour leurs statuts et donc à exprimer leurs opinions. 

Avec une présence plus importante sur Twitter (35% d’hommes contre 27% de femmes), le mâle entretiendrait cette tendance lourde à l’expression compulsive au détriment du simple partage. La plateforme de géolocalisation Foursquare, symboliserait à elle seule cette étrange rapport masculin au web. Prometteur mais tributaire de l’implication des marques, le service alimente exclusivement une course au check, doublée d’une course aux badges qui sent bon la testostérone. Si l’aspect « gaming » et ludique est vital, il n’est pas certain qu’il offre aujourd’hui un modèle économique viable. 

Loin de ces rapports de domination, la gent féminine cultive probablement un rapport plus simple aux réseaux en ligne. Assurant 57% du trafic du premier réseau mondial, Facebook, les femmes diversifient également leurs engagements. La récente percée de Pinterestdevenu le cinquième plus important fournisseur de liens de références sur le Web, n’est probablement pas anodine. La plateforme qui se présente comme un mur géant où l’on épingle ses trouvailles, répond autant aux attentes dans sa structure que dans les thèmes qu’elle aborde. Bien qu’elles soient moins nombreuses sur les blogs (24% de blogueuses contre 34% de blogueurs), les femmes assurent pourtant une présence remarquée sur la toile. Avec ses 3 millions de visiteurs mensuel, Hellocoton se présente comme un haut lieu d’excellence de la « mamosphère » made in France. Annuaire de blogs féminins (culture, mode, maternité, voyages…), le réseau assure également un service après post de qualité (dossier thématiques, outils de partage, de veille, like…) au service de milliers de blogueuses. 

Linéaire à certains égards, la lecture des comportements hommes – femmes sur les réseaux sociaux, reflète pourtant assez bien la transmission des cultures et des modes d’éducations. L’avènement d’une nouvelle génération, fut elle ultra connectée, ne devrait guère bouleverser ces rapports plus ou moins subtils. Reste désormais aux institutions autant qu’aux marques, à transformer discours et envie de trafic en engagement réciproque. 
Publicités