Le réseau social d’entreprise c’est maintenant…ou pas !


On avait quitté en septembre dernier des employés arborant fièrement leur implication au travail pour 75% d’entre eux selon ce que l’étude CEGOS nous en rapportait. L’observatoire social nous apprend aujourd’hui qu’à peine 18% des collaborateurs utilisent les réseaux sociaux pour véhiculer une image positive de leur entreprise. 

Puisque chaque jour un nouveau réseau pousse un cri au milieu de nos vies en ligne, l’entreprise développe t’elle une offre réelle et sérieuse à l’égard des réseaux sociaux ? Entre défiance et charte de bonne conduite, comment canaliser un usage qui accompagne 40 millions de français ?

Un « bien être » plus fort que tout 

Observateurs privilégiés des comportements sociaux et sociétaux, les directions des ressources humaines ont que très récemment abordé la question des réseaux au sein des entreprises. Si 51% des Directeurs de Ressources Humaines déclarent utiliser les réseaux sociaux dans le cadre de processus d’embauches, 25% d’entre eux en font un usage stricte de contrôle des candidats potentiels. Loin de poser la première pierre d’un phénomène amené à croître, la récente étude Markess International portant sur les nouveaux enjeux RH (Réseaux, applications mobiles, dématérialisation…) accentue le sentiment de défiance des responsables des ressources humaines. En effet, alors que de plus en plus de collaborateurs et cadres managers les utilisent et en tirent parti au quotidien, seuls 20% des décideurs RH voient dans ces RSE (Réseaux Sociaux d’Entreprises) des projets innovants à mener d’ici 2014. Refroidies par de nombreuses décisions de justice et débordées par la problématique du bien être au travail, les DRH n’ont apparemment pas encore su intégrer la dimension web 2.0 à sa juste mesure.


Une question de réputation

Puisque désormais la réputation l’emporte sur toutes choses, la récente décision de la Cour de Cassation dans l’affaire Alten où des employés avaient critiqués leur entreprise sur Facebook, est venu rabattre les cartes. Baladé par des des jurisprudences contradictoires, le développement des réseaux sociaux en entreprise se voit surtout contrarié par l’enjeu de la réputation de l’entreprise. La multiplication des offres de veille et d’e-réputation s’avère d’ailleurs symptomatique d’un besoin de contrôle absolu qui n’est, paradoxalement, jamais compensé par une activité en ligne (Présentation, animation, action d’entreprise). Si 20% des salariés avouent avoir des craintes vis à vis de leur employeur lorsqu’ils s’expriment sur la toile, ils sont 53% àconsidérer que l’usage des réseaux peut présenter un risque pour l’entreprise. Avec une défiance qui transcende les statuts hiérarchiques, le législateur, peut coutumier d’urgence, n’est certainement pas le meilleur allié des uns et des autres pour fixer un cadre légal et définitif.


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Une bonne conduite

A défaut d’outils adaptés à la réalité, la charte peut apparaître comme un premier levier d’action au sein des sociétés. Offrant une base juridique solide, elle établit également un lien de confiance entre l’employeur et ses subordonnés. A ce sujet on pourra toujours se référer au Social Media Governance, véritable bible de la charte en entreprise.



Un exercice de management

Capable d’offrir une sérieuse plus value (collaboration, échange, ouverture, bien être…), le réseau d’entreprise doit également pouvoir être perçu comme une méthode de management à part entière. Le développement d’actions collectives au travers de support (blog, page, site) contribue naturellement à un esprit de cohésion. A défaut de créer des apprentissages nouveaux et multiples (recherche, partage, sentiment d’appartenance) au travers de réseaux en ligne, l’entreprise silencieuse détourne les collaborateurs vers d’autres horizons.


Un conflit générationnel

En plus de la présence de 14 millions de smartphones sur le territoire, l’entreprise doit faire face à la montée d’une nouvelle génération, la génération Y. Ultra connectée, cette dernière a transformée l’employé d’hier en individu – salarié. Exigeante et peu soucieuse de l’inertie hiérarchique, son « mobilisme » compulsif se fait de plus en plus ressentir au sein des sociétés. On ne s’étonnera guère d’ailleurs, que l’agrandissement des réseaux personnels (59%) et la recherche d’un emploi (25%) se situent dans le Top 5 de l’usage des réseaux sociaux dans le cadre de l’activité professionnelle. En utilisant ainsi, à son propre profit, les outils dont elle dispose en permanence, les collaborateurs de la nouvelle génération conservent une fenêtre ouverte sur le monde que rien ne saurait détourner. Comme autant d’outils de nuisances que l’entreprise ni ne canalise, ni ne contrôle.


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Dépassé l’a priori d’un mouvement d’humeur, le réseau social d’entreprise parle de cohésion d’équipe, de dynamique collaborative et donc, par extension, de marchés et de chiffres d’affaires. Quantifié stratégiquement au regard du marché et des besoins, il s’invitera comme un outil puissant au service de la société et de ses collaborateurs. A une période charnière où des modèles d’organisation de travail parfois centenaire vacillent, il se doit même d’être un investissement prioritaire.

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