Tendances digitales 2020 et bonnes résolutions

06
Jan

2020 débarque et dans sa hotte son lot de tendances digitales, ascendance prédiction du futur. Au mieux ces mouvements de fonds viennent rassurer les directeurs marketing. Au pire, ils tétanisent les entreprises qui n’ont pas eu le temps de prendre le pli. Ne nous y trompons pas, ces sujets s’adressent souvent aux mauvaises personnes. Non qu’elles ne savent pas atteindre leurs cibles. Mais parce que ces bonnes résolutions buttent souvent sur un manque de compréhension de la part des premiers concernés. Lorsqu’il ne s’agit pas clairement, d’un cruel manque de convictions.


Alors comment remettre les tendances digitales à la hauteur de celles et ceux qui en ont le plus besoin ? Quelle est la meilleure manière de transformer ses prédictions en bonnes résolutions et de les ancrer durablement ?

S’informer

L’une des premières fois que ce marronnier des tendances a été évoqué par ici, on parlait de l’internet mobile, du tracking de Facebook et des attitudes collaboratives. Il faut croire que l’ensemble de ces prédictions se sont concrétisées. A vrai dire, elles s’appuyaient davantage sur des données que sur un super-pouvoir d’anticipation.

La première résolution à embrasser est peut-être finalement celle-ci. De quelle manière s’informe les responsables pour trier le bon grain de “l’ivresse” médiatique ? Le digital est tellement ancré dans nos vies sociales et politiques, qu’il est de plus en plus vital d’additionner les nombreux paramètres qui le compose. Il se lit aussi bien dans les équilibres géopolitiques, un nouveau filtre Snapchat ou dans les nouveaux modes de consommation. Il n’a pas pour autant complexifié le business. Il a simplement morcelé sa façon de l’appréhender.

Une “culture de la curiosité” qui ne doit pas bêtement se résumer à un inventaire d’innovations. Une offre ne devient pas rupture en lui ajoutant un vernis technologique.

Investir les réseaux

Pour toucher au cœur, il faut comprendre que la dernière décennie n’a pas franchement bouleversé les équilibres des réseaux. On ne compte plus les “Facebook killers” qui devaient tuer le père et qui ont échoué. Blockchain, 5G, data … restent, dans un autre registre, des préoccupations lointaines pour une grande majorité des entreprises. Pour faire simple, misez sur les réseaux majeurs et ne vous éparpillez pas.

Quand bien même les “jeunes” désertent la plateforme de Mark Zuckerberg, ce dernier arrive à les retenir dans le filet d’Instagram. Et si Tik Tok le chinois force l’admiration, Instagram viendra lui piquer sa technologie comme il a su le faire pour d’autres. Ajoutez à cela l’hystérie des relations sino-américaines et cette seconde résolution fera finalement écho à la première : avant d’être artificielle, l’intelligence devra être individuelle et collective.

Les déconvenues du moteur de recherche Qwant, traduisent très bien cette incapacité à concurrencer sérieusement les GAFA. La force d’inertie des internautes se comprend encore mieux lorsque les concurrents n’arrivent pas à atteindre un seuil de crédibilité. Inutile pour autant de blâmer le made in France. Le plantage de Google Plus est un parfait exemple de l’exploration compliquée de nouveaux territoires. Même chez les puissants.

Quels contenus créer ?

Alors pour exister certains voudront se recentrer sur l’essentiel. Sans recourir à des formats compliqués comme le podcast (qui peine à sortir de son entre-soi), faire moins mais faire mieux s’affiche dès lors comme une troisième bonne résolution. Certains parleront de “slow media” et d’autres de “slow advertising”. Disons-le plus simplement : comment comptez-vous prendre la parole pour défendre votre marchandise ?

Il est probable que les réseaux sociaux nous aient fait croire à cette illusion du nombre. Cette capacité à atteindre l’infiniment grand sur la base de l’infiniment petit. Le tuyau des messages se rétrécissant au gré des changements d’algorithmes, nous voilà probablement revenu au point de départ de tout business :

  • A qui vous adressez-vous (cibles) ?
  • Comment délivrez-vous votre message (support)
  • Qui prend la parole au nom de l’entreprise (incarnation) ?

Nous croyons au fait de taper juste et au bon moment lorsque la promesse est réelle et qu’elle vient des tripes. Cet éclatement en de petites chapelles est notamment l’une des conséquences de l’émergence des Groupes sur Facebook (toujours en attente sur Linkedin) ou encore des communautés de jeux vidéos.

Il évoque de la même manière, la nécessité stratégique des partenariats pour les entreprises. Le plus important restant la prise de parole du dirigeant. Certains pensent encore que “l’influence” peut répondre à ce besoin de transparence. Mais micro ou macro, elle ne remplacera jamais la nécessité de porter, soi-même, sa promesse initiale.

Le support et le format ne sont finalement que des luxes. Vous pouvez regarder du côté de Twitter dont les clés d’engagement sont désormais clairement maîtrisés. Vous pouvez créer du contenu vidéo parce que sa consommation double chaque année. Vous pouvez habilement investir les stories Instagram et inventer des rendez-vous récurrents. Tout cela n’est que la conséquence stratégique de votre prise de parole auprès de vos communautés.

Se former

Au final, qu’il s’agisse de la prise d’informations ou de la production de livrables, la formation reste et restera la “mère” de toutes les résolutions. Il n’y a jamais eu autant de tutoriels et de MOOC à portée de clic. Le marché mondial du e.learning dort sur un matelas de 240 milliards de dollars et la France s’en empare à son rythme. Il suffit de voir la réussite de l’application mobile “Mon Compte Formation” (600.000 téléchargements), pour comprendre la volonté de transformation des individus. Même Linkedin souvent à la traîne en terme d’innovations, à su répondre à l’enjeu en proposant sur sa plateforme Linkedin Learning, plus de 14 000 cours à disposition des professionnels.

Mais derrière ces très gros chiffres, la petite étude de l’ISTF menée auprès de 400 professionnels de la formation nous en apprend davantage. La formation mixte (présentielle et distancielle) y gagne ainsi 5 points de préférence et atteint un nouveau record en représentant plus de 60% des modules pratiqués. Le tutorat, soit le suivi de l’apprenant par le formateur, reste l’outil préféré des responsables de formation (21%) pour l’efficacité finale des apprenants.

Un constat qui doit désormais infuser l’ensemble des entreprises engluées dans des réflexes qui ne produisent rien. On ne compte plus les formations digitales qui cachent en réalité de véritables problèmes managériaux. Les choix sur catalogues qui ne prennent pas en compte l’étude des besoins. L’incompréhension majeure entre services (DSI vs Marketing). Lorsque les uns, empêchent les seconds de déployer leurs acquis.


L’année prochaine, à la même époque, on empilera de nouveau de nouvelles tendances. Parfois, sans même regarder dans le rétroviseur. D’ici là, 49% des dirigeants de PME continueront d’estimer que leur plus grande préoccupation actuelle est de trouver de nouveaux clients. 20% passeront tout juste 01 heure à trouver le moyen de générer du trafic en ligne. A moins qu’ils ne prennent de nouvelles résolutions et qu’ils transforment celles-ci en convictions durables.




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